L'Escort COSWORTH en est, si l'on peut dire, à sa seconde génération. Commercialisée au départ de 1992 à 1994 en version standard ou MotorSport (voir fin du dossier "Présentation" pour ses caractéristiques) ; elle n'était plus disponible qu'en version luxe. A cette occasion, de 1994 à 1997 elle adoptait les inévitables renforts de portières et la climatisation alors que le toit ouvrant électrique et l'aileron supérieur devenait une option. Les rétroviseurs extérieurs eux, se sont affinés et l'ancien bouchon du réservoir d'essence est remplacé par une trappe à portillon.
De nouveaux logos de malle arrière ont aussi fait leur apparition, le toit est "rebouché" et la campagne de sécurité a continué sa conquête avec un volant doté d'un airbag qui a chassé le volant sport. Toutefois, la reine des Escort conserve sa poupe originelle alors que le reste de la gamme porte des feux globuleux depuis belle lurette.

Désormais peint en gris métal, le couvre culasse de l'Escort indique
que nous sommes en présence d'une COSWORTH à "petit Turbo".
Sous le capot, le fameux couvre culasse bleu de l'Escort (qui est rouge sur la Sierra et vert dans sa version catalysée) succombe à une certaine élégance raffinée (voir photo ci-dessus ou bien cliquer ici) et apporte une foule de nouvelles pièces, dont le petit Turbo Garrett T25. La puissance s'établit ainsi à 227 ch au lieu de 220.
Si la dernière version conservait malgré tout l'ascendance sur les autres championnes de rallye homologuées route, cette Escort marque des progrès que ne traduisent pas les chiffres. Les chevaux certes moins hargneux qu'auparavant, sont plus prompts à s'atteler à l'ouvrage et constants dans leur effort. Du coup, on exploite désormais le potentiel énorme du châssis sans recourir à des talents de funambule.
Mais vous l'avez compris : les temps du "petit" Turbo sont bien loin du faramineux T35.
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L'ancien Turbo, le gros Garrett T35.
Côté moteur et depuis que les 2500 exemplaires destinés à l'homologation ont été fabriqués, les modèles suivants ont fait l'objet d'un bon nombre de modification visant à "civiliser" la machine. Ainsi la culasse a été redessinée, le circuit de lubrification amélioré, un nouveau boîtier de gestion électronique Ford EEC IV a relayé l'ancien système Weber-Marelli, et l'allumage est maintenant entièrement statique avec une bobine par cylindre. Mais c'est surtout la stratégie de suralimentation qui a ici été profondément remaniée.
Changement presque obligatoire, puisque les premières COSWORTH souffraient d'un temps de réponse inacceptable à l'accélération. Dans cette optique un turbocompresseur Garrett compact T25, plus efficace à faible débit de gaz que le gros T35, a été adopté. Mutation qui procure une diminution de l'inertie de presque 60%. Parallèlement, la nouvelle cartographie de gestion du moteur autorise une action de l'overboost plus longue : 8 secondes contre 3 auparavant. Ce recalibrage se traduit par un gain de 7 ch, puissance qui est d'ailleurs atteinte à 5750 tr/min au lieu de 6250 tr/min. Mieux encore, le couple Maxi de 30,5 mkg est désormais disponible dès 2500 tr/min contre 29,6 mkg à 3500 tr/min avec le gros Turbo.
Sur le terrain, tout ce remue-ménage apporte une meilleure vivacité à moyen régime, mais sacrifie la vaillance dans les tours. Chronomètre en main, nous avons pu constater un faible gain pour passer de 80 à 150 km/h en 5ème (16"5 au lieu de 17"6), et une très claire baisse de forme pour couvrir le kilomètre départ arrêté qui est maintenant abattu en 27" contre 25"8 par le passé.
"En clair l'Escort est devenue moins pointue à exploiter, mais cela au détriment de ses performances."